Le Loup des Steppes

Transition d'un jeune loup FTM

Archive for the 'Réflexion' Category

Protégé : About C., becoming Brian Kinney and Amsterdam in november.

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Sc.1, Cabinet du Dr G. – Int / Jour – Clinique du Parc Monceau

Ce matin j’avais rdv avec le Dr G. à la Clinique du Parc Monceau.

Sauf que j’avais oublié son nom. Je me suis donc rendu à l’accueil :

– La Secrétaire : Bonjour Mr.
– Moi : Bonjour, j’ai rendez-vous avec un chirurgien gynécologue mais j’ai oublié son nom.

Elle bloque. Puis tilte.
– Ah ! Le Dr G. ?
– Oui !
– C’est en face pour les consultations.
– Merci.

Huhu.

Ensuite j’ai attendu une heure ce qui m’a permis d’observer mon environnement : avant la rencontre avec le Dr j’étais peu enthousiasmé… Ni par les dessins de fleurs encadrés et accrochés tordus (le maniaque en moi à failli se lever pour remettre le truc, c’est flippant !). Ni la secrétaire – Ghislaine – à la voix de Zézette dans Le Père Noël est une ordure, que je ne voyais pas mais entendais (j’ai pu ainsi assister à une scène à la Tati, où je voyais la secrétaire en face de moi parler au téléphone avec la voix forte de Ghislaine – que je croyais être la sienne au début – jusqu’à ce que je me rende compte qu’elles étaient deux personnes différentes !). Ni les piles de Figaro Magazine, seule lecture possible. Ni les vieilles bourges liftées avec leurs trucs Chanel. Ni les bébé dans leurs poussettes à 3000 euros. Ni ce médecin chauve et bedonnant qui se prenait pour un dieu et n’arrêtait pas de passer devant la secrétaire en lui faisant des clins d’œil vicelards (dans Grey’s Anatomy c’est mieux, au moins ils sont jeunes et beaux).

Au cours de cette étude sociologique, j’ai également pu cerner la différence entre la France et les Etats-Unis : bien que dans les deux cas on ne soit qu’un patient parmi d’autres, un numéro donc, ici on le ressent, alors que là bas on nous le fait complètement oublier.

Mais bref, après cette description du contexte, passons au plus important.

Le Dr G. est très gentil, il a une voix calme et un regard clair, doux. Du coup il m’a tout de suite apaisé, et j’ai oublié la salle d’attente et que j’étais chez le gynéco (pour la première fois de ma life au passage, mais je sais pas si ça compte vu que dans le fond c’était juste du blabla et qu’il est aussi chirurgien).

Quand je lui ai dis que j’étais plutôt pour la coelioscopie parce que c’était apparemment mieux pour la récupération. Il a souri et m’a dit qu’en gros chacun vantait les mérites de sa technique. Les plus de la sienne étant : pas d’anesthésie générale (locale au niveau du ventre + médoc pour me shooter et me mettre dans les vapes) ce qui est bien vu que j’ai déjà été opéré fin juin, une hospitalisation assez courte (max 4 jours), a priori pas de fils, de sonde ou de soin post-op trop lourds (tout est à l’intérieur pour les fils). Niveau récup’ il m’a dit qu’il fallait compter une dizaine de jours pour marcher à nouveau et ensuite ça dépend des gens, mais d’après ce que j’ai pu lire, il faut entre 4 et 5 semaines pour être parfaitement remis sur pieds.
Sinon niveau thunes c’est raisonnable (dans la moyenne) et surtout a priori tout peut être remboursé par la sécu + mutuelle (tout étant 120+18 euros / jours pour les jours d’hospitalisation + 600 euros d’honoraires + l’anesthésiste).

Et SURTOUT, il a une date le 23 SEPTEMBRE… Du coup j’ai pris rdv avec l’anesthésiste pour le 17. Vu que j’ai rdv à Créteil la vieille, ça me laisse le week-end pour réfléchir aux avantages et inconvénients de chaque truc, et en fonction du feeling et des dates proposées par l’autre chirurgien, j’annulerai ou pas le rdv chez l’anesthésiste.

En fait, d’un côté on a :

– – – Une cicatrice (peu visible après quelques mois puisque située au niveau du bas ventre – et que je suis poilu) et un temps récupération un peu plus long sur le long terme (puisqu’à court terme c’est, en gros, pareil : une quinzaine de jours avant de pouvoir faire des trucs à nouveau).
+++ Une opération le 23 septembre ce qui me permettra d’être sur pieds pour ma rentrée universitaire et d’entamer les démarches administratives très rapidement avec tout ce que cela implique de simplifications ensuite (boulots, stages, voyages…!). Un bon contact avec le chirurgien. Une anesthésie moins lourde puisque locale.

Et de l’autre (à confirmer mardi) :

– – – Un temps d’attente plus long (pas avant janvier a priori – période d’exam), là aussi, avec tout ce que cela implique niveau changement d’état civil. Un hôpital qui une réputation mitigée (deux témoignages : un sans problème, l’autre avec un horrible contexte et un personnel odieux).
+++ 4 minuscules cicatrices, quasi invisibles quelques mois post-op. Une récupération à long terme plus rapide.

Voilà. Donc maintenant c’est la prise de tête, et tout le monde sait à quel point je suis du genre indécis…..

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Protégé : The Dykes and I

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Nom d’une pupille !

Bon. J’avais tiré un trait sur ça mais on en a parlé l’autre fois avec ma mère, et j’ai réalisé qu’il y avait un dossier d’adoption pour moi. J’avais jamais vraiment tilté qu’il pouvait y avoir des infos intéressantes dedans, une lettre, un truc… Pas de noms of course (d’ailleurs une loi récente renforce la protection de l’identité des femmes qui accouchent sous X). Mais ça je m’en fiche.

Par contre, en savoir plus sur le contexte, le pays d’origine de mon père bio, leurs domaines professionnels, etc… Why not.

Le dossier peut aussi être vide. Et c’est en partie pour ça que j’ai jamais voulu faire de démarche.

Mais bon. Après le changement d’état civil ce sera vraiment prise de tête (déjà que là je sens que ça va me gaver – et être compliqué – de pouvoir voir ce dossier) alors je crois que c’est le moment. Et puis on s’approche lentement de novembre et de ma remise en question annuelle et je crois que la curiosité l’emporte.

Du coup j’ai appris aujourd’hui mon nom de pupille. Ca fait bizarre. C’est comme encore une autre identité. J’aurai donc été (brièvement) M.L puis V.B et maintenant S.B…

Bref, j’appréhende un peu. Mais je crois que ça m’aidera à être totalement Samuel vu que j’aurai plus cette vieille histoire qui traînera dans un coin de mon cerveau. Je pourrais plus franchement tourner une page, sans oublier nécessairement, mais en passant vraiment à autre chose.

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T-Effects – Maj

Oui alors, comme je l’annonçais hier, il est temps de faire un petit point sur l’évolution de mon OGM :

– La voix : Il me semble qu’elle est en train d’achever sa mutation mais tout en continuant très lentement à baisser un peu.

– La barbe : Le plus satisfaisant ces jours-ci. Ca pousse, ça pousse, ça pousse ! Je me suis rasé hier donc j’ai pas de photo à montrer mais je ferai une maj de « ceci est mon menton » bientôt. Par contre ça pousse plus du côté droit il me semble (j’ai toujours remarqué que mon côté gauche était un bâtard – plâtres, entorses and co – mais damned !)….

– La pilosité corporelle : Après un fort développement soudain qui m’a fait flipper, l’évolution se poursuit mais plus modérément. Les poils s’épaississent là où ils ont poussé in the first place… Bon et depuis que je peux vaguement refaire un peu de sport ça me gêne pas. Un corps maigrichon mais poilu no way, mais sur un corps musclé ça ira. Ca m’amuse d’ailleurs parce que je risque d’avoir dans quelques mois une apparence plus virile que ma personnalité.

– Les muscles : Nette évolution vu que je n’ai pas du tout utilisé mes bras pour porter quoi que ce soit ou faire le moindre sport cet été. Et pourtant mes muscles (biceps notamment) se sont grave développés ! Les muscles sont plus visibles, mes bras plus secs. Vous pouvez voir l’évolution ici (bon par contre sur la dernière photo je lutte un peu parce que je peux pas bien mettre mes bras comme je le voudrais parce que ça tire, mais bon, j’ai quand même vaguement tenté de reprendre la même position). Ca m’amuse vraiment de voir mes bras maigrichons de janvier…! Et, pour préciser, la tof de fin mai montre le summum de ma musculature, puisque c’est à ce moment-là que j’ai arrêter de work out (faut pas être trop trop musclé pour la mammec). La photo d’août, elle, montre donc des bras quasi inactifs pendant 3 mois…! Niveau fringues ça m’embête un peu parce que je suis à l’étroit dans certains M….

– Répartition des graisses / modifs corporelles : C’est le fait de parler de fringues qui m’y fait penser. C’est délicat cette période. L’évolution se fait lentement et se fait en parallèle de la prise de muscles, donc c’est difficile à évaluer. Mais ouais, dans quelques mois je pourrais plus porter les mêmes pantalons et je devrais acheter du L.

– Appétit / sommeil : Depuis environ deux semaines j’ai à nouveau les crocs et je dors tout le temps. Je fais des nuits de 12h alors que c’est pas trop mon truc normalement, et j’ai tout le temps faim… Je pense que c’est lié à la pause dans la prise de T, je retombe en adolescence là…

– La mâchoire : C’est difficilement mesurable (comme la pomme d’adam) mais il m’a semblé hier en me rasant sous le menton que ma mâchoire a changée.

Bon voilà, il doit y avoir d’autres trucs qui ont changé mais là je vois pas, donc ce sera tout pour cette fois.

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I’ve seen the light

« Ground control to Major Tom« ….

Donc ouais. Hier, suite à un « spèce d’homos va » adressé à moi et une amie lesb (non, que je n’outerai pas !) j’ai pas tout de suite réagi avant de dire, d’un coup, « hein ? quoi ? comment tu sais on en a jamais parlé ensemble de ça ! » Rire de sa part. « Nan mais ça se voit quoi ». Moi, scié parce que si y’a bien quelqu’un qui a un bon gaydar c’est bien E. ! Mais ça reste souvent du non dit, jusqu’au moment où tu en parles avec elle et que tu constates que c’est l’évidence pour elle depuis toujours. Bref, sur le coup j’ai pas vraiment tilté. Parce que vin, toussa.

Mais plus tard je suis revenu sur le sujet et là elle me sort « Nan mais ouais c’est logique quoi, quand Cl. t’as vu pour la première fois elle t’as pris pour un bio, mais gay. » Re hallu de ma part. Quoi, ça se voit tant que ça ??? Donc je lui ai demandé, outré (et donc à mon avis, encore plus gay), « mais comment ??? » Réponse sans appel de sa part « bah j’sais pas t’es maniéré quoi ». Ouf !

Et à partir de ce moment là tout a été une série de flash. Et je pouvais plus faire un truc sans penser « gay gay gay ». Mes mains, ma façon de parler, mes réactions. Ect.

Et puis plus tard, dans la matinée, on s’est retrouvés à glandouiller dans un parc au soleil en mangeant une sorte de petit dej’. Et là arrive Dieu qui, au bout d’une dizaine de minutes me dis, paf, comme ça (je me souviens pas du contexte mais je me souviens que c’était out of nowhere) « mais tu serai pas un peu homo toi ? ». Heiiiin ?? Maiiis. En une soirée, trois personnes qui voient ça de façon évidente ?!!

Alors. Bon. Ce qu’il faut dire quand même c’est que y’a six mois j’étais « hétéro à tendance bi », depuis la T je suis « bi », et puis la semaine dernière j’étais successivement « bi à tendance hétéro » puis « bi à tendance homo ». Le truc c’est que je REFUSE d’alimenter la biphobie évidente du monde. Oui, c’est possible d’être bi. Avec des phases, et avec un certain « terrain de prédilection ». Mais bon. Euh. De à s’ennuyer en regardant une scène de sexe entre deux lesb dans QAF ? De là à réagir pareil que les persos en constatant que c’est « dyke night » ?

Cela dit, de là à ce que les gens me voient gay dans les dix premières minutes. Sérieux ? Ca me fait halluciner ! Je pensais pas.

Mais bon, d’un autre côté ça explique plein de truc et c’est pour çaaaa que :
– Certaines phrases que je peux sortir et qui sont, « tellement, tellement gay ! » (Pour ceux qui me connaissent et qui doutent toujours, relisez la phrase précédente en m’imaginant la dire, avec l’intonation qui va avec, et là tout sera plus clair ! XD).
– « Ground control to Major Tom »
– Je tombe toujours amoureux de filles inaccessibles et du coup je fucked up toutes les autres relations avec les gens qui daignent me supporter ???
– Mes goûts artistiques (et particulièrement le goût pour la niaiserie cinématographique parfois difficile à comprendre sans cette information).
– Toutes ces amies filles.
– Coldplay (« Wanna know how I know you’re gay? Because you like Coldplay. » – Cal dans The 40 year old virgin). Héhé.
– Primox.
– La photo deux post plus bas.
– Euh. Je pourrais continuer des plombes mais, comme d’hab, j’ai pas dormi et j’ai un peu la peine de lister toute ma vie.

Mais bref.

Ce qui m’intrigue et que je n’ai TOUJOURS pas traité sur ce blog, c’est cette tendance (assez présente chez les FTM) à reconsidérer son orientation sexuelle post-T.

Première piste : plus grande awarness de son propre corps, plus de désir, plus de liberté, etc.

Deuxième piste : le corps masculin n’étant plus un objet de désir « canalisé » (dans le sens « ce corps est beau, je veux le même »), on se rend compte que c’était l’arbre qui cachait la forêt (tiens là par exemple, en écrivant ça j’ai une image de centaines de petits gays musclés en boxer et chapeaux de cow-boy dans un club gay. Hum. How gay IS that ?)

Voilà pour une vague ébauche de programme. La suite de mes considérations et réflexions palpitantes demain !

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Journal #2 – Samuel

Septembre 2005 – A.k.a « Le mois de la Révélation »
« Ca doit faire deux ans que j’ai pas écris alors je vais faire vite pour résumer. (…) Il y a à peu près une semaine j’ai enfin mis des mots sur l’horreur de ma vie : JE NE SERAI JAMAIS HEUREUX PARCE QUE JE NE SERAI JAMAIS UN HOMME. Je n’arrive pas à être vraiment avec une fille parce que je ne peux pas accepter mon identité de fille dans cette relation. HIER j’ai enfin COMPRIS. Je n’avais en fait jamais fait le lien entre mes pensées, fantasmes, rêves et la… transsexualité. Parce qu’en fait être « trans » n’est pas lié à l’orientation sexuelle. Etre un homme dans un corps de femme. (…)
Maintenant que je sais que le changement est possible je ne sais pas où ça va me mener :
– Est-ce que je me trompe ?
– Vais-je un jour pouvoir l’accepter ?
– Passer à l’acte (transformation) ?
– Le dire à mon entourage ?
– Assumer une nouvelle identité ?
I don’t think so. Mais maintenant je me sens « mieux », moins seul, moins marginal et je sais que si un jour mon mal être est tel que la mort est la seule possibilité de réconfort, je pourrais toujours entamer un processus de transition et devenir celui que j’ai toujours été (et voulu être), Samuel
(ndrl : tiens je me demande comment je suis passé à Samuel. Hum.) En gros je suis dans une putain de situation de merde (parce qu’être transsexuel n’est tout de même pas être un homme).
J’AI PEUR DE CE QUE JE VAIS DEVENIR. J’ai peur des gens, du regard des autres. Je me sens mal dans mon corps. Mais envisager une transition c’est tellement bizarre et tellement pas l’unique solution (je veux dire, ça ne règlera pas tous mes problèmes…?).
Que FAIRE ???
 »

Sur la page suivante, et dernière page sur laquelle j’ai écrit quoi que ce soit, est inscrit :

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Protégé : Queer as folk ?

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ABDEFG….HIJKLMN…OPQRST….UWXYZ

« O my brothers, some great bird had flown into the milkbar and I felt all the malenky little hairs on my plott standing endwise, and the shivers crawling up like slow malenky lizards and then down again. Because I knew what she sang. It was a bit from the glorious 9th, by Ludwig van. »

Well, well, well. Mes fantômes sont de retour.

Alors, pour rebondir sur le commentaire de A. « l’extra T-restre » (héhé, j’adore), l’autre jour, ce n’est pas si simple de distinguer en quoi la T influe dans le rapport nouveau que je peux entretenir avec la sexualité.

Très scientifiquement, je pense pouvoir dire après près de 5 mois sous T, que ma libido augmente très clairement une semaine après mon injection. Pendant trois ou quatre jours c’est « assez » (huhu) marqué. Et puis ensuite ça passe et j’ai souvent une phase de mini contrecoup (comprendre, « rah, la vie est dure, pourquoi l’alphabet n’a pas que 24 ou 25 lettres », toussa). Bon par contre c’est pas une règle absolue hein, et je refuse d’être l’esclave des hormones, même si j’y ai toujours été très sensible.

Néanmoins, en dehors de ces quelques jours de pur délire hormonal, il me paraît difficile de faire la part des choses entre ce qui vient du fait que je suis plus à l’aise avec mon corps, et ce qui est juste biologique/chimique.

Evidemment, avant la transition je n’étais pas facile à approcher, M. et d’autres savent de quoi je parle. Mais depuis la T, et surtout la mammec, tout mon rapport à mon corps a énormément changé. Je l’aime et le trouve beau, malgré ses marques et imperfections. Parce que maintenant ce corps c’est le mien. Et je conçois de plus en plus qu’on puisse l’aimer ou le désirer alors qu’avant je comprenais juste pas et j’étais (très) mal à l’aise vis-à-vis de ça.

C’est marrant parce que y’a quelques années on avait eu une discussion avec F., sur les corps de l’homme et de la femme, et que je n’arrivais pas à trancher sur celui que je trouvais le plus beau (alors que, elle, n’avait pas la moindre hésitation…). On en a reparlé l’autre soir et je reste sur mon doute initial. La différence c’est qu’avant il me semble que c’était parce que je désirais ces deux corps d’une façon différente, alors que maintenant, I wonder, est-ce vraiment toujours le cas ?

Enfin bref, je crois que la T en soit n’a peut-être pas une si grande influence, au quotidien. Mais ce que produit la T sur mon corps c’est, clairement, de le libérer. Ce qui se joue là est donc finalement plus un rapport de cause à effets que d’effets tout court…

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Gender spectrum

Je viens d’entendre une brève chronique d’Isabelle Marconnet qui m’a beaucoup énervé.

Je n’ai pas envie de revenir sur l’affaire Thomas Beatie, l’homme enceint, parce qu’il faudrait beaucoup d’énergie et de temps pour répondre aux gens choqué. Cela dit vous pouvez aller sur ce forum où un ami FTM a pris le temps de répondre aux propos choquants tenus par toutes un tas de jeunes mamans bien pensantes.

Mais cette chronique m’a profondément agacé parce qu’elle est brève (donc évidemment pas approfondie), transphobe, et qu’elle est diffusée sur une radio de très grande écoute (France Inter).

Je me contenterai juste de réagir, non pas à sa vision de l’histoire de Thomas, mais à la fin de sa chronique : « La liberté sexuelle, c’est certainement la liberté de choisir ses partenaires sexuels. Mais, non, ce n’est pas la liberté de choisir son sexe comme on le fait d’un vêtement ! Et ce, malgré ce que veulent nous faire accroire des mouvements politiques ou des chirurgiens plastiques qui font de l’argent sur le malheur, malheur bien réel de ceux ou celles qui se sentent nés dans le mauvais corps – ou sur les fantasmes parthénogénétiques de certains, qui voudraient être à la fois père et mère. »

La LIBERTÉ de choisir son sexe ???! Come on !

Avant de péter un plomb je vais simplement revenir sur point jamais développé ici : pour beaucoup trop de gens il n’y a QUE le « sexe ». Notion floue, généraliste et erronée lorsqu’elle est utilisée de façon générique.

Pour comprendre les choses il faut, déjà, avoir consciences que trois notions, différentes, existent : le sexe, le genre et la sexualité / l’orientation sexuelle.

Je n’ai pas de texte de Butler sous les yeux alors je vais reprendre les mots d’Elsa Dorlin (dans Sexe, Genre et Sexualités. Introduction à la théorie féministe) pour plus de précisions sur le sujet : « Le sexe désigne communément le sexe biologique qui nous est assigné à la naissance (mâle ou femelle), le rôle ou le comportement sexuels qui sont censés lui correspondre (le genre), et, enfin, la sexualité. Les théories féministes s’attachent à la problématisation de ces trois acceptions mêlées du sexe. Elles travaillent à la fois sur les distinctions historiquement établies entre le sexe, le genre et la sexualité, sur leurs constructions et leurs relations. S’agit-il d’une relation de causalité : le sexe biologique détermine-t-il le genre et la sexualité ? D’une relation de simultanéité non contraignante entre le sexe biologique, d’une part, et l’identité sexuelle (de genre et de sexualité), d’autre part ?(…) »

À lire également (là j’ai pas le temps de faire une biblio complète comprenant livres, articles sur le net, etc, mais je ferai ça à l’occasion) :

> The Gender Matrix (by Bobbi Williams)

Evidemment, il n’y a jamais non plus qu’une possibilité, on peut être bi-genre, a-genre, transgenre, cisgenre (cis = bio / non trans quoi) , pansexuel, bisexuel, hétérosexuel, homosexuel, etc. Sans oublier la combinaison de ces trois acceptions mêlées du sexe : on peut par exemple être un pansexuel gender variant ou un transsexuel homo, etc… Attention hein, par contre j’ai rien contre les cisgenres hétérosexuels moi ! ;-p

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