Bon, aujourd'hui je travaille, je suis vraiment dans ma dernière ligne droite pour mes rendus universitaires... Comme je suis plein de résolutions et d'envie de cohérence comme vous avez pu le lire par ici, et parce que ce travail est lié à ce que je disais, je publie ici un petit texte qui composera un de mes dossiers d'arts numériques (travail théorique et pratique autour de la notion de web 2.0). Je devais ici produire un court « texte de réflexion sur le travail d'un autre étudiant du groupe ».

Pour introduire mon petit texte (non-définitif, d'ailleurs, au passage, ce dossier n'étant pas fini), brièvement, L., une étudiante de mon master, travaille sur le détournement sur le réseau (Net Art : réalité ou fantasme ?). Dans le cadre d'un cours elle a créé un cimetière virtuel où les personnes soient disant décédées pourraient laisser leur trace, une sorte de TAZ accessible que s'y l'on en connait l'adresse.

''J’ai choisi de travailler sur le travail de L. car le fait qu’elle lie les questions de l’identité (sur le réseau) et de la réalité (vérité ?) m’intéresse.

Si l’idée du cimetière virtuel a déjà été explorée, j’aime le fait qu’elle fonde son projet sur l’idée que ce sont les personnes elles-mêmes qui, après avoir décidé de « se suicider », viennent laisser une trace sur cette page connue des seuls initiés.
De fait, cette idée présuppose le fait qu’une mort virtuelle est un acte conscient et mis en scène.

Tout d’abord, il me semble que d’une façon générale nous avons trop tendance à vouloir convoquer l’idée une « vérité » immuable dès qu’il s’agit de parler d’identité sur le réseau. De mon point de vue, au-delà du fait que l’identité est bien évidemment quelque chose de morcelé et multiple (complexité ontologique ignorée par exemple par les formulaires d’inscription sur majorité des sites), se poser la question du détournement autour de la mort comme simple « fake » me semble délaisser l’idée du « pourquoi », celle de l’évolution identitaire. Par exemple, si aujourd’hui les réseaux sociaux et divers sites nous amènent à utiliser notre « vrai » nom sur la majorité du réseau, l’époque du « pseudo » elle permettait d’exister de façon multiple. Ainsi, à cette époque (non-révolue mais différente), la disparition du réseau d’un pseudo ne signifiait pas forcément la mort physique de la personne qu’il y avait derrière, mais peut-être son évolution.

Finalement, ce qui me questionne est dans le postulat de départ de sa recherche, opposant le vrai du faux alors qu’il me semble, sur internet peut-être encore plus qu’ailleurs, que c’est deux notions sont loin d’être aussi simples.
Il me semble que ce projet pourrait être très intéressant s’il permettait également aux « morts » d’expliquer leur « geste » car cela donnerait un aspect autoréflexif très intéressant à la démarche. De fait, cette approche questionnerait alors, non seulement le « geste » de l’internaute mais aussi l’idée même de la temporalité identitaire sur le réseau. D’ailleurs, cette idée de temporalité de l’identité sur le réseau est au cœur de l’actualité avec la multiplication de sociétés proposant leurs services pour travailler notre « e-réputation », mais aussi avec la récente publication de déclarations d’Eric Schmidt, PDG de Google, pour qui nous serons un jour amenés à changer d'identité… pour effacer nos traces sur le Web.''