Le Loup des Steppes

Transition d'un jeune loup FTM

Archive for the 'Society' Category

Dans la nuit (à l’hôtel)

Hum. Peut-être que c’est la nuit qui me rend mélancolique, en tout cas, ce soir, je réalise que les quatre personnes (hors famille) qui « comptent le plus » pour moi ne sont pas dans la même ville / pays que moi.

Vous savez, ces personnes qu’on peut appeler à 4h du mat’, celles qui vous écoutent et sont là pour vous quoi qu’il arrive. Ces personnes qu’on a envie de pouvoir voir, potentiellement, n’importe quand, juste parce que c’est agréable, simple, drôle, etc.

Alors voilà, juste un petit post inutile pour dire que mes rocs me manquent…

Peu après :

La semaine dernière j’avais prévu d’écrire un post sur mon « nouveau » (depuis début décembre) travail, mais il y avait un bug d’internet à l’hôtel. Et croyez-moi, vendredi dernier il y avait de la matière parce que c’était la folie à l’hôtel.
J’ai par exemple pu avoir une conversation complètement surréaliste en « espagnol » où je tentais d’expliquer en plusieurs langues, que, justement, je ne parlais pas bien l’espagnol, et que de toute façon le « chico » de mon interlocutrice était parti depuis belle lurette en vadrouille dans Paris. J’ai aussi pu me faire engueuler en trois langues (anglais, français, allemand), et découvrir que se faire crier dessus en allemand, c’est assez traumatisant.

Mais bref, maintenant toutes ces petites anecdotes me paraissent beaucoup moins drôles à raconter (et puis il y en aura d’autres), mais quand même, la vie de réceptionniste de nuit est assez, euh, surprenante parfois.

Cela amène par exemple à dire que « oui madame, je suis sûr que votre mari à quitté l’hôtel il y a deux jours » tout en regardant le cahier de réservation et en constatant en silence que dans la chambre en question, ils étaient deux… Cela amène aussi à savoir que « comptabilité auxiliaire » veut souvent dire prostitution, ou à développer tout un tas de relations superficielles mais amusantes avec « les gens de la nuit » (boulangers, taxis, livreurs en tout genre).

Enfin bon, si je voulais parler de mon travail c’était surtout pour vous raconter comment tout le « j’ai pas les bons papiers » s’est passé.

Cela dit, je m’excuse d’avance, j’ai été pris au premier taf pour lequel j’ai postulé (avec un CV au nom de Samuel B.), et malgré ma crainte, je suis tombé sur des employeurs qui, en plus d’être très cools, sont aussi super ouverts.

En gros, ma scène de coming-out ça a donné ça :

– Moi : Oui donc je viens déposer mes documents (photocopies de pièce d’identité et carte vitale) pour le contrat. Mais euh… en fait, euh, je voulais vous voir en personne parce que, hum.
– Elle (amusée) : Vous êtes hors la loi c’est ça ?
– Moi : Mh, euh, nan mais, enfin, oui on peut dire que si parce que, mh, mes papiers ne correspondent pas tout à fait à ma personne…
À ce moment-là, je lui ai tendu les documents en lui disant que j’étais trans. Et là… ben, « rien ».
– Elle (toujours amusée) : Ahh, ok. En fait, votre vrai prénom c’est V. C’est marrant. Mais vous savez Samuel, dans la communauté asiatique il y a plein de transsexuels.

S’en est suivie une conversation assez surréaliste où elle m’a parlé de sa tante trans qui avait beaucoup galéré pour avoir ses nouveaux papiers, etc.

Bref, non seulement j’ai été pris au premier travail pour lequel j’ai postulé (m’évitant ainsi de multiplier les entretiens d’embauche ou le « poids » du « mensonge », un peu gênant, surtout quand on parle de responsabilité, d’honnêteté, etc) mais en plus, je suis tombé sur des employeurs transfriendly !

Donc voilà, tout se passe bien, aucun de mes collègues n’est au courant, mes chèques de salaire sont mis dans une enveloppe au nom de Samuel, et dès que j’aurai mes nouveaux papiers, ils feront les modifications nécessaires.

Ah oui. Aussi. J’y pense parce que là mon ventre me torture à nouveau… Cette semaine j’ai été verni. Cette douleur sourde et perfide est revenu chaque jour, pour plusieurs heures à chaque fois.

Enfin bref, j’ai failli poster plusieurs fois cette semaine pour me plaindre et geindre sans la moindre dignité, mais finalement je me suis retenu.

Sauf que, la nuit dernière, j’ai rêvé que j’avais mes règles. Je sais pas du tout « qui » j’étais dans le rêve, je me souviens pas non plus du contexte, en tout cas, le fait d’avoir mes règles ne m’étonnait pas plus que ça. Mais ça m’agaçait énormément et c’était très sanglant.

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Jack

Cette photo est extraite d’un article du NY Times, The Trouble When Jane Becomes Jack , lu probablement en 2006. Ce type m’avait complètement fasciné à l’époque parce qu’il avait à mes yeux tout d’un type normal… Si je la mets ici c’est pour me redonner la foi dans la cicatrisation, pour m’aider à me dire que ouep, dans quelques années ce sera vraiment nickel.

[Edit du 16-03-2013 : Ce post n’était pas daté dans mes archives, sa date de publication est donc estimée]

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Uni-T contre la transphobie

Maj / compte-rendu en mode « forum » :

-/+ Vu gars de mon master (on est 15) en tenant la banderole rose fuschia « Uni-T contre la transphobie » tout à l’heure sur le parvis de Beaubourg. Et il m’a clairement calculé…

+++ C’était sympa ce petit rassemblement, plein de gens m’ont dit « merci » (ouf !) de leur donner le tract, ils m’ont posé des questions, ont été choqué d’apprendre pour l’agression, etc. Bref, le monde n’est pas perdu !

++ Ce soir réunion du collectif Uni-T, ça va être intéressant !

Edit : Rdv au M° Hôtel de ville à 14h30, sortie 6.

Oui donc le week-end dernier a été chargé en réunions et autres regroupements pour discuter de différents projets trans. Je n’ai pas eu le temps d’écrire dessus cette semaine. Mais samedi nous nous sommes vus avec quelques potes pour rédiger ceci :
Contre l’agression de Shyne et contre la transphobie: réagissons!

Le dimanche 12 octobre 2008 au soir, soit le lendemain de la marche Existrans, Shyne a été pris à partie par une demi-douzaine de personnes, subissant dans un premier temps des insultes. En entendant le son de sa voix, les individus ont émis des insultes portant sur l’apparence masculine de Shyne et sur sa voix peu grave. L’ayant reconnu comme l’une des personnes qui ont manifesté la veille pour l’Existrans, ils l’ont ensuite passé à tabac. Shyne a été déclaré en incapacité totale de travail de 2 mois renouvelable, et a 2 côtes cassées et 22 points de sutures.

Cette agression est un acte de transphobie. La transphobie est une oppression spécifique qui touche les personnes non conformes au système de genre binaire et figé qui assigne les individus au genre soit masculin, soit féminin. La transphobie touche: les personnes androgynes, les garçons efféminés, les filles masculines, les FtM (Female to Male), les MtF (Male to Female), les personnes intersexes, les personnes qui ne s’identifient et ne sont perçuEs ni comme homme ni comme femme, les personnes transsexuelles, et les personnes transgenres.

La transphobie a des conséquences concrètes: elle fait de l’espace public un espace toujours potentiellement dangereux, elle invisibilise les personnes trans’ en rendant difficile d’avoir une existence sociale dans son genre d’élection, et elle peut amener en retour les personnes trans’ à se replier sur soi, à avoir peur de se visibiliser et à demeurer encore plus isoléEs.

Etre victime de transphobie, c’est avoir des difficultés à retirer un paquet à la poste, c’est être clandestin dans son propre pays parce que ses papiers ne correspondent pas à son identité, c’est avoir des difficultés à être employéE, à trouver un logement, c’est faire d’un banal contrôle de titre de transport l’obligation d’étaler sa vie privée, c’est se sentir en danger dans la rue et face aux policiers, c’est subir des violences symboliques voire physiques, au quotidien, et être soumisE à la mainmise des psychiatres, seulEs habilités à juger du bien-fondé de notre identité et de notre existence.

En France, la transphobie n’a pas d’existence juridique, et la seule autorité compétente, la Halde, a certes des prises de positions favorables aux victimes de transphobie, mais qui ne sont fondées sur aucun texte juridique, d’où le caractère fluctuant et singulier de ses avis.

Pourtant la transphobie existe, c’est pourquoi nous exigeons :

– l’inscription de la discrimination de genre dans la loi (Code civil, Code du travail, Code pénal…)
– la facilitation du changement d’état civil
– une véritable politique de lutte contre les discriminations fondées sur l’identité de genre
– une politique d’éducation et de prévention généralisée sur la transphobie et les identités trans’
– l’institutionnalisation de la lutte nécessaire contre le binarisme et l’hétéronormativité, afin de lutter efficacement contre la transphobie au même titre que la lesbophobie, l’homophobie et le sexisme
– et plus largement la dépsychiatrisation des questions trans’, ainsi qu’une refondation des relations entre le corps médical et les personnes trans’, la mainmise des psychiatres étant une forme de transphobie lourde et de long terme.

La transphobie nous concerne touTEs*: nous pouvons touTEs en être le vecteur, et nombre d’entre nous en sont fréquemment les victimes. C’est pourquoi il est nécessaire de réagir aux actes de transphobie et de lutter contre la transphobie.

Nous appelons donc à un rassemblement pour manifester contre l’agression de Shyne et contre la transphobie.

Le collectif UNI-T contre la transphobie

*féminin générique

Nous ne communiquons pas l’heure et le lieu sur les sites publics pour éviter les ennuis (j’ai beaucoup appris sur les RG et toutes ces choses là aussi tiens samedi…) mais je ferai passer l’info au dernier moment.

Bref, parisiens, venez nombreux ce samedi pour lutter contre la transphobie !

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Photos de l’Existrans 2008

Comme j’ai trouvé un moyen pour transférer mes petites photos de l’Existrans, en voici quelques-unes…

Pour info, le contre-champ à la photo de Naiel (la 6ème photo) c’est ça.

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Projets militants, culturels et associatifs # « 1 »

Alors. La suite de la journée d’hier et évènements à venir du week-end… Je vais fonctionner par « liste » parce que sinon on va pas s’en sortir :

– Hier réunion au MAG avec la nouvelle présidente S., Cw, A., L.P (MTF déléguée aux questions de genre d’HES, qui, au passage, est une personne adorable et très intéressante que je suis très content d’avoir rencontré !) et M. L’idée : se réunir régulièrement pour monter le « projet trans » au sein des deux organismes (le MAG et HES donc). En quelques lignes, la première idée est de faire 3 questionnaires en ligne pour pouvoir avoir des données précises (sur les jeunes trans, les éducateurs et parents de ces jeunes) pour pouvoir faire une étude dessus et ensuite en déduire une série de projets, mesures nécessaires (l’idée c’est qu’avec HES on peut espérer faire remonter ça aux politiques, les rencontrer…) etc. La deuxième est de réaliser une brochure pédagogique sur les trans, dans un premier temps à l’échelle du MAG. Enfin, Cw et moi allons faire une formation pour devenir « accueillants » au sein du MAG et pouvoir, à terme (si possible d’ici la fin de l’année), ouvrir le MAG un soir par semaine (ou autre, fréquence à définir) pour une permanence « spécial trans » qui pourrait répondre à une demande importante vu que pour l’instant ce type de lieu, pour les jeunes surtout, n’existe pas.

– Demain je dois voir N. et d’autres potes du forum pour parler de la création d’une asso « côté FTM ». Pour l’instant beaucoup de motiv’ de parts et d’autres, mais je ne pourrais en dire plus que lorsque la réunion (qui, dans l’idéal, se reproduira de façon hebdo) aura eu lieu.

– Dimanche réunion post-Existrans, bilan, débat sur la marche de l’année prochaine…

– Projet de campagne de spot « Spottons la transphobie » (je suis très fier de ma trouvaille pour le titre). L’idée : des spots cours, basés sur une idée accrocheuse, efficaces, un peu à la manière de ceux qui sont réalisé pour lutter contre le tabac, l’alcool au volant… J’ai déjà trouvé plein d’idées pour les spots, et puis d’autres potes en proposent aussi, c’est cool. Je pense que ça va se faire assez vite puisque ce n’est pas très lourd à réaliser. Le but étant de lancer le site, la campagne promo (je compte bien harceler toute la presse jusqu’à ce qu’ils en parlent, vu comment ils ont cordialement ignoré l’Existrans, ça va être sympa) et les spots (pas tous en même temps ceux là), pour début 2009.

– Projet de Calendrier trans pour 2010. Peu de choses à dire encore sur ça, le titre est assez explicite… Beaucoup de question (portée politique ou simplement artistique du projet, etc). Et puis comme ça vous pouvez tripper à nous imaginer en Dieux des stades… Huhu.

– Et le pire c’est que je suis sûr que j’en oublie là ! Ca peut paraître beaucoup mais les projets sont étalés dans le temps et surtout il y a pas mal de gens dessus tout de même.

Sinon, parce qu’un peu de frivolité ne fait pas de mal au milieu de toutes ces questions sérieuses, j’étudie la possibilité de faire le concours SamSam ! J’aimerai bien gagner la peluche SamSam (parce que malheureusement le déguisement risque d’être trop petit).

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Pratique critique des langages informatiques appliqués à l’art…

Journée très réjouissante, à tous les niveaux ! Je suis mort du coup ! Je vais donc scinder en deux post les évènements pour ne pas m’égarer.

D’abord, la fac.

Première chose. Les mecs c’est plus friendly que les filles. Serrage de mains (probablement plus « facile » quand on connaît à peine les gens, ça doit jouer), discussion en petit comité masculin, partage des expériences. C’est génial, vu qu’il n’y a pas de licence dans le domaine, on vient tous d’horizons totalement différentes, c’est enrichissant. Un gars est un illustrateur free lance qui reprend ses études, un autre sort d’une licence en communication et technologies, un autre viens des arts appliqués. (Y’a aussi un gars qui a une coupe de cheveux espagnole horrible mais qui est sympa, un mec d’au moins 45 ans à moustache qui sort des années 70, une coréenne programmeuse de ouf super gentille, une serbe au cheveux rouge, une fille très très cute et souriante, etc).

Et puis bon, n’empêche, c’est trop cool de découvrir ces nouveaux rapports sociaux, j’adore!

Ensuite. Je suis arrivé dans la salle, j’ai montré au prof mon nom sur la liste en lui disant qu’il faudrait qu’il le remplace par Samuel. Il a bloqué un instant, et a levé les yeux en demandant très surpris et très fort : « Remplacer V. par Samuel ??? ». Comme d’habitude, instinct de survie, le mensonge, sans me décontenancer : « Oui oui, je sais pas pourquoi c’est comme ça, c’est un bug informatique il faut croire ». Lui : « Ah, mais euh, vous avez parlé avec l’administration ? ». Moi : « Oui oui, ils sont au courant… ».

Bref, ça aurait pu s’arrêter là et me gêner un peu parce que ça n’aurait pu que reporter « la » discussion avec lui mais heureusement, il nous a fait remplir une fiche pour mieux nous connaître.
Au programme : nous présenter (j’ai donc écrit un texte de cinq lignes pour expliquer mon cas, que j’attends les nouveaux papiers, que mes camarades ne sont pas au courant, etc), parler des artistes et théoriciens de l’art numérique que l’on apprécie, ce que l’on attend du cours, quels logiciels on maîtrise, quelle est la différence entre dispositif et interface, si on fait de la programmation, etc.

Vous vous dites, de la programmation ? OUI !!!

En fait. Ce cours. C’est un rêve. Eveillé !

En gros, on est dans une grande salle chacun à notre poste informatique (récent, même si c’est un PC et que du coup j’ai pas l’habitude), avec tout un tas de logiciels montés sur la bécane. Et, en gros, on a une partie théorique (qui m’a l’air passionnante) dans laquelle on étudie l’histoire et les différents courants de l’art numérique et une partie pratique ou on programme !

Mais attention, là où ça devient géniallisime c’est qu’on ne va pas programmer / coder pour rien, mais pour faire de l’art ! Donc on va apprendre, par exemple, comment écrire les lignes de codes pour faire fonctionner une installation en interaction avec le public (ses mouvements, ses actions, la lumière etc), ce genre de trucs. Ca va me permettre de développer tellement mon champ et mes capacités de création artistique, j’en bave d’avance.

Le plus cool c’est que comme dans les autres cours où on a déjà du taf à faire pour la semaine prochaine, là, chaque semaine le prof va nous donner un mot / concept sur lequel on devra rendre une production (visuelle / numérique etc).

Et l’examen final c’est la présentation orale et la diffusion d’une oeuvre (art vidéo, interactivité, toussa).

Bref. Je suis complètement transcendé par ce cours. Et mon prof est un geek, il a sorti à la coréenne à un moment : « Ah ouais si tu fais du C++ (un langage de programmation) tu pourras développer des patchs pour Pure Data (un logiciel) c’est super ! » Huhu.

Et le bilan de cette semaine c’est que je suis ravi de mon choix d’orientation pour cette année. Parce que même si c’est vraiment dur (je repars un peu de zéro niveau connaissances) c’est incroyablement stimulant et c’est exactement le genre de domaine qui me passionne.

Voilà. Bientôt, la suite de ma journée et tout ce qui concerne le fourmillement de projets associatifs et artistiques en lien avec la « question trans ».

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Me, myself, I à l’Existrans

En attendant de retrouver mon câble d’appareil photo (je perds un peu espoir cela dit) et de pouvoir mettre mes tofs (sur lesquelles je ne suis pas, forcément) voici 3 tofs de me, myself, I. Merci beaucoup à Cw, sinon j’aurai pas trop eu d’images de moi-même.

La première c’est à République, et les deux autres c’est rue Beaubourg, quand je me suis finalement décidé à me mettre torse nu (mais pas sans crème solaire !).

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Retour chez les Moldus

Hier j’ai donc repris les cours, sans aucune appréhension vu que personne ne peut soupçonner quoi que ce soit. Il fallait juste que je parle aux profs de mon cas en début de cours pour éviter toute gêne.

Il s’est trouvé que mes deux cours ont eu lieu avec les deux profs qui m’ont fait passer l’entretien en mai dernier.

La première avait un peu zappé et m’a fait répéter ce qui était assez drôle parce qu’en début de cours tout le monde est assis et n’a rien d’autre à faire que de regarder ce qui se passe. M’enfin une fois que j’ai dis que j’étais trans elle a du avoir un flash et a modifié la liste, je suis donc resté incognito. Le plus drôle c’est qu’après elle a fait circuler une feuille pour qu’on écrive nos noms, mails et numéro de téléphone (pour les cours qui se passeront à l’extérieur, dans des musées, ateliers d’artistes ou autre) et machinalement j’ai commencé à écrire B.V. Je me suis repris à la deuxième lettre pour finalement écrive B.S mais j’ai eu un grand fou-rire intérieur ! En même temps c’est assez logique, j’ai passé ma vie à écrire ce nom dans ma scolarité, d’où le réflexe.

Avec l’autre prof ça a été encore plus simple. Je lui ai juste dis, « oui en fait c’était juste pour vous demander de m’appeler Samuel » en montrant mon autre nom sur sa liste d’élèves. Il m’a dit « ah oui oui, bien sûr » avec un grand sourire.

Voilou, la suite jeudi mais bon, c’est cool.

Sinon. Pourquoi ce titre ?

Tout simplement parce que c’est très bizarre de me retrouver dans une foule de moldus après un tel week-end. Je me suis senti projeté dans un autre monde tellement straight et différent de mon environnement habituel.

Je dois vous avouer que je lutte un peu contre ce ressenti, parce que j’entends d’ici les commentaires de certain/e sur le communautarisme, etc.

Et je n’ai rien du tout contre les bios (et les straight) hein, mais c’est juste que c’est étrange de se retrouver plongé dans un univers si différent. De revenir parmi des gens qui n’ont aucune idée qu’on existe (je schématise, je sais).

Sinon, les cours, je vais pas m’étaler, mais c’était vraiment très nouveau pour moi. Les deux intitulés des cours que j’ai eu hier sont les suivants :

– L’incidence du développement technologique sur l’art contemporain
– Technologies du quotidien et engagement artistique

Sans s’étendre, disons simplement pour l’instant qu’en gros l’essentiel du travail de l’année va dépendre de chacun d’entre nous, et que cela consiste à, je cite, « Trouver le champ disciplinaire artistique, le thème, la question qui nous travaille. Définir les artistes, auteurs et oeuvres qui sont importants pour nous. » Bref, créer sa propre formation, faire son propre parcours (tiens, tiens…).

Mais bref, ça doit être flou pour vous, je pense que j’aurai l’occasion d’en reparler d’ici peu.

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« Y’en a assez! assez! assez d’cette société! qui ne respecte pas les trans, les gouines et les pédés! »


(Photo Caphi)

Non non, je n’ai pas disparu à queer city, si je n’ai pas posté depuis un petit moment c’est tout simplement parce que j’ai été très occupé. Ce qui est plutôt bon signe, non ?

C’était aussi ma rentrée universitaire aujourd’hui et je suis vraiment naze car j’ai peu dormi ces derniers temps. Donc il est fort possible que ce post soit assez mal écrit, mais bon, c’est pour donner des news, et dans mon état de fatigue, le fond prime sur la forme.

Et puis de toute façon pas besoin de beaucoup de mots pour dire que : ce week-end de l’Existrans a vraiment été génial ! Moi être très content.

La manif en elle-même : Vraiment cool de voir tous mes potes et de rencontrer d’autres ftm (du forum ou d’ailleurs), queer, mtf, butch, etc. Plein de rencontres, de discussions, et de slogans. Je me suis aussi baladé dans Paris torse nu ce qui a été assez jouissif dans son genre (merci Al. de m’avoir motiv).

Quant aux regards des passants, hum, les gens avaient leurs mâchoires décrochées et nous regardaient avec des yeux de merlans fris. J’étais totalement dans la marche et bien entouré donc je n’ai pas fait tellement attention aux commentaires transphobes ou aux regards méprisants, je préfère retenir l’étonnement total de tous ces gens. C’était même assez amusant de voir leurs regards perplexes et leur incompréhension. Et puis surtout cela montre à quel point cette marche est nécessaire !
À ce propos j’ai adoré le moment de l’arrivée devant Beaubourg où il y avait des free huggers très content de pouvoir nous prendre dans leur bras !

La soirée post-existrans dans le marais : Super soirée là aussi, dans la continuité de l’ambiance de l’Existrans, mais en plus relax, plus fun, plus alcoolisé, aussi. J’ai ainsi pu découvrir que vodka-manzana-cannelle est un délicieux mélange, que Donna Summers fait parti de mon inconscient, etc.

L’aprem et le repas Queer food for love à La Rotisserie : Le principe, faire à manger bio, vegan, purple puis manger tous ensemble ensuite. Bonne ambiance, retrouvaille et bon trip avec les gens de la vieille, rencontre inopinée « in real life » avec une transgenre avec qui j’étais en contact par mail et à qui je vais prêter ma voix pour un projet de bibliothèque sonore, discussion sympa avec Cd. un ftm photographe de San Francisco qui passe l’année à Paris, bref, very nice evening quoi.

Ce qui ressort de ce week-end (en plus du fun) c’est aussi que le fait de tous se croiser nous a permis de discuter de différents projets artistiques, militants, associatifs qui devraient pouvoir prendre forme dans les semaines et mois à venir.

Bref, tout ça était vraiment très cool.

MAIS.

Oui, il y a un mais. En ce week-end d’Existrans, de lutte contre la transphobie, l’un des notre a été tabassé par des connards de transphobes qui méritent la taule. Après avoir cuisiné avec nous il devait aller à Gare du nord puis revenir à la queer food, mais il est tombé sur des monstres transphobes. 22 points de sutures et 2 côtes cassées parce qu’on est trans, ça me mets vraiment hors de moi. Je suis très énervé et je voulais en parler pour rappeler que tout n’est pas fun, rose ou génial.

Du père qui répond à sa fille de 7 ans qu’on est des malades mentaux au groupe de mecs qui veut casser du trans, la transphobie est partout et on a pas fini de lutter contre…

Alors, je sais que la colère ne sert à rien et je n’ai pas envie de m’abaisser à leur niveau. Je dirai même qu’au contraire, cette triste histoire me donne envie de militer encore plus, et me ravis encore plus de travailler sur la brochure en préparation avec le MAG (on en reparlera), de faire un peu de pédago au près de jeunes ou autres, d’avancer sur mes différents projets artistiques, etc.

Etre visible. Quoi qu’il arrive. Parce que se cacher serait leur donner ce qu’ils veulent. Et je refuse de leur faire ce plaisir là.

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Psy

Oui donc hier j’ai vu mon psy… Pas assez longtemps à mon goût (comme d’hab, environ une quinzaine de minutes…), mais bon, quand même, c’était cool.

Pour la première fois de ma vie j’ai dis des choses personnelles à un psy (I know…). Par personnelles j’entends, non liées à la transition, que je ne dis pas ou peu au gens (même très proches) normalement et surtout qui sont des vérités qui, énoncées à voix haute, me rendent vulnérable.

Reconnaître ses erreurs relationnelles récurrentes (nombreuses), mettre en doute sa capacité à ne pas être un robot répondant à un système prédéterminé par un début de parcours/vie chaotique, reconnaître/ressentir que cette entrée dans la vie a pu effectivement faire des dommages collatéraux, ce genre de choses…

Ce qui est agaçant avec les psys c’est qu’ils savent tout, évidemment. À peine j’ai commencé à dire « pourquoi est-ce que je repousse toujours les gens qui sont trop proches et que… » qu’il a terminé ma phrase par « et que vous aimez ceux qui vous rejettent ? ». Hum. Apparemment, l’ego has landed (l’égo s’est développé) mais pas assez pour que je ne trouve pas les gens qui m’aiment un peu « trop » complètement déraisonnables…

Et puis la peur du rejet, de l’engagement toussa. Du coup, au moins, j’ai compris pourquoi JE sabordais « volontairement » et de façon récurrente certaines relations. Arrivé à un certain point, c’est tout simplement plus simple d’être celui par qui la rupture arrive que de prendre le risque d’être rejeté à un moment ou à un autre.

Et effectivement, mettre sur un piedestale quelqu’un avec qui il n’y a aucun risque de dérapage incontrôlé (parce que pour être rejeté de façon douloureuse, il faut d’abord être aimé), c’est l’idéal.

Du coup, je suis plus que jamais motivé pour poursuivre ma quête du graal vers une personnalité renouvelée… Etre plus fort, ne plus reproduire les mêmes erreurs, etc. Et tout ça c’est pas que des mots hein, j’ai aussi agit dessus, pas plus tard qu’hier !

La difficulté étant, que quand on agit contre soi-même (même pour son propre bien), il faut passer la barrière du ressenti. Pas évident donc, quand on se bat contre un ressenti plutôt que contre des pensées intellectualisées…

Du coup, j’ai un système : me forcer à prendre sur moi pour toutes les actions relationnelles (et autres, mais pour les autres c’est différent) qui me pèsent / me stressent / m’angoissent parfois, pour qu’ensuite (après avoir constaté que bon, c’est pas la mort, faut pas déconner) mon ressenti change.
Avec ce système, je pense ne plus être un sociopathe angoissé dans quelques mois et ne plus ressentir la moindre appréhension dans différentes situations (prendre un verre, seul, avec certaines personnes, être dans une soirée peuplée si je ne bois pas, etc).

Bon. Je fais un peu ma thérapie ici aussi on dirait… Mais dans le fond, écrire les choses c’est tout aussi thérapeutique, et parfois c’est simplement en mettant en mots les choses qu’on est vraiment capable de les comprendre…

En tout cas, je vais voir le psy beaucoup plus régulièrement désormais, parce que c’est vrai que ces derniers temps je l’ai peu vu (pas de l’été) et que mine de rien, non seulement la transition me pèse parfois, mais aussi, je réalise que j’ai beaucoup de choses à régler avant d’être véritablement un free man…

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